Bonne année 2026

Ce n’est pas à voix haute que je vous parle
plus le temps va plus je parle bas.
Un jour, le silence sortira par ma voix
et dira des mots merveilles que je ne connais pas.

Mais je veux maintenant vous confier les pauvres mots
qui s’égrènent comme le sable entre les doigts
ceux qu’on abandonne, qu’on jette derrière soi 
qui tombent dans un bruit de soie.

Les mots vains des anges et ceux déliés des fous,
ceux qui nous dérangent et collent à nos plaies,
les mots nus et anciens, suspendus et tus,
ceux que le vent soulève, vole et défait.

 

 

Je vous les murmure ces mots mal aimés
que la vie a usés, consumés, blessés, cassés,
mis de côté, oubliés. Monotones ou maladroits.
Ces mots-là sont de fièvre mais ils ont froid.

Soufflés ils se changeront en écume moirée
sécheront, mica sur le sable avec la dernière marée.
Mais qu’un enfant vienne ! Qu’il y ait laissé
la trace de ses petits pieds ailés,

que sa main cueille l’écume comme la rosée,
y trace des fleurs qui sourient étoilées,  
 Un oiseau posera là ses mystérieux signes de pas
 d’infimes poissons argentés éclaireront mes mots-mica,

Alors aucun des mots posés si bas ici-bas ne mourra.

Nationalisation pour Tamara et Blandine

A Nice 2024